Nicolas Sarkozy : mis en examen, l'ancien président nie les faits

Nicolas Sarkozy a été mis en examen après 26 heures de garde à vue, pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens".
Par Ralph Bechani - NP
Publié le 22 mars 2018 à 7:15 Modifié le 23 mars 2018 à 7:50

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Les chefs d'accusation sont lourds. Nicolas Sarkozy a donc été mis en examen, hier soir, après 26 heures de garde à vue, pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens".

L'ancien président, qui a quitté, ce mercredi 21 mars 2018, l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre, dans les Hauts de Seine (92) nie les faits, selon plusieurs sources, mais les juges, eux, semblent avoir suffisamment d'éléments pour poursuivre l'ancien chef de l'Etat, qui a également été placé sous contrôle judiciaire. 

Concrètement, on parle de sommes allant de 5 à 50 millions d'euros, provenant du régime libyien pour financer sa campagne présidentielle de 2007. 

L'ombre de Kadhafi 

Dans le Figaro, ce matin, nos confrères publient un article intiutlé "Ce que Nicolas Sarkozy a dit aux juges"

A l'issue de sa garde à vue, l'ancien président aurait ainsi dit : "Dans l'énoncé des faits que vous envisagez de retenir à mon endroit, vous avez indiqué que j'avais travaillé en vue de favoriser les intérêts de l'État libyen. 

Comment peut-on dire que j'ai favorisé les intérêts de l'État libyen? C'est moi qui ai obtenu le mandat de l'ONU pour frapper l'État libyen de Kadhafi. Sans mon engagement politique, ce régime serait sans doute encore en place.

Le Colonel Kadhafi lui-même ne s'y est pas trompé, puisque je vous rappelle qu'entre 2007 et le 10 mars 2011, il n'y a aucune espèce d'allusion au prétendu financement de la campagne". 

Paul Bismuth et Bygmalion

En outre, Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen dans deux autres affaires.

En octobre 2017, les juges ont demandé son renvoi en correctionnel pour "corruption active, trafic d’influences actif et recel de violation du secret professionnel", après des écoutes judiciaires d’une ligne qu’il avait souscrite au nom d'un certain "Paul Bismuth" alors qu’il était président de la République. 

Le parquet de Paris, lui a requis, le 5 septembre dernier, son renvoi en correctionnel dans l'affaire dite 'Bygmalion" pour "financement illégal de campagne électorale". Mis en examen, également, l'ancien président est soupçonné d’avoir dépassé le plafond légal de dépenses lors de la campagne présidentielle de 2012.

Dans cette affaire, l’UMP et l’agence de communication "Bygmalion" sont accusés d'avoir fabriqué de fausses factures pour masquer un dépassement de plus de 18 millions d’euros du seuil maximal, un seuil plafonné à 22,5 millions d’euros. 

DERNIÈRE MINUTE

Nicolas Sarkozy était l'invité du JT de TF1, jeudi soir. L'ancien président a nié les faits tout en dénonçant "la haine, la boue, la médiocrité, et la calomnie".

Et d'ajouter, "je ferai triompher mon honneur". Profondément blessé, semble t-il, l'ex chef de l'état s'en est également pris violemment au site d'information en ligne Mediapart à l'origine des premières révélations, en 2013. 

Par ailleurs, on en sait un peu plus sur les conditions d'application de son contrôle judiciaire. Nicolas Sarkozy n'a plus le droit de voyager dans plusieurs pays, quatre au total dont la Libye. Il a aussi interdiction de contacter neuf des protagonistes de cette affaire, notamment Brice Hortefeux, et Claude Guéant.

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Ralph Bechani

Journaliste


2018 © NP | Crédit photo : SABRI ELMHEDWI / EPA / Newscom / MaxPPP



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